Mon côté de la barrière

05 juin 2018

Risk,le jeu de la vie

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" Vas-y relance "

Ouais j’en sais rien. Sur le moment, je boude un peu.

J’étais bien embarquée, j’avais misé sur pas mal de cases. Bordel, tout à refaire.

Des personnes différentes pourtant. Mais certaines ont triché dans les règles.

Du mauvais adversaire, du fourbe, de celui qui se débine en milieu de partie. Ça m’a sévèrement gonflée.

J’avais pleins de liasses, misé sur des dizaines d'hôtels de bonne volonté. Des ptits joueurs les gens.

Sur le moment t’as plus la gagne. Juste l’envie de balancer le plateau, les pions et simplement te taper le Scrabble du dimanche après-midi en famille.

J’étais en train de ranger ma vie bien sagement dans sa boite en carton aux bords un peu défoncés. J’ai remis le couvercle par-dessus et mon regard ne s’est plus détaché de l’inscription.

Derrière son allure de Monopoly, mon divertissement, mon jeu tactique, de rôle, d’arcade, d’imagination, d’inventivité, de bataille stratégique s’appelle « Risk ».

Tu te souviens un peu je pense. Si t’es de la même génération que moi ça doit te parler.

Ne cherche pas à te souvenir des règles. Ce ne sont pas les mêmes. Elles viennent de moi et sont très souvent réécrites.

Les yeux rivés sur l’appellation que j’ai donné au jeu de ma vie, je ré-ouvre la boite. Juste comme ça pour voir. Prendre un pion dans la main. Le poser là, comme ça, nonchalamment. Lancer fébrilement les dés. Avancer, un peu.

On a qu’à dire qu’on fait un tour pour rien.

Puis je les vois de nouveau jetés, ces dés. Cette fois aucune de mes mains n’a pourtant dirigé quoi que ce soit.

Je lève la tête. Un partenaire de jeu est assis face à moi.   

Ok. Inspiration, expiration. Si ça se corse, je peux toujours déclarer forfait.

Les voix derrière moi me conseillent du repos pour être au plus proche de la victoire.

Mais me laisser aller à quelques cases de plus… Quelques cases… Comme ça. Tu crois que ce serait mal? Puisque je suis joueuse. Alors.

Case départ.

Des pupilles se croisent et se dilatent à mesure du plateau qui se remplit de cartes retournées. Deux sourires s’esquissent, font découvrir des rangées de dents, deux bouches qui se décrispent et laissent entendre leurs voix.

Et la partie se poursuit, cette fois avec beaucoup plus de volonté que celle misée au départ par chacun des compétiteurs qui décident de faire équipe ensemble plutôt que de se faire front.

Risk.

Le rythme s'accélère, les tours sont de plus en plus passionnants. C'est à ça que l'on reconnait les vrais joueurs. Tantôt au milieu d'une partie effrenée, tantôt au milieu d'une manche plus calme autour de laquelle il est simplement agréable de faire évoluer ses pions l'un près de l'autre.

J’en suis à ce genre de partie qui dure des heures sans que le temps n’ait une quelconque importance. Je ne connais pas l’issue.

Mais j’ai compris une chose. Dans tous les cas je gagne. Parce que j’ai décidé de participer coûte que coûte.

Me risquer à de nouveaux collègues, de nouvelles missions, des objectifs, des tours de plateau compliqués pour une récolte beaucoup plus intéressante sur une prochaine manche.

Mais surtout accepter de perdre, pour finalement être déjà gagnante sur la manche d’aujourd’hui. Accepter les échecs précédents pour en apprécier doublement mes actuelles réussites.

Avoir un équipier qui me confie ses ruses pour avancer au même rythme et sur les mêmes cases. Réfléchir ensemble à comment placer les pions.

Aucune adversité. Personne qui ne veuille transgresser quoi que ce soit.

Risk. Le risque. Se risquer à une partie sans stress. Se risquer régulièrement à des cartes chance.

Se risquer à la meilleure des parties jamais débutée. A peut-être dégringoler, probablement être heureuse. Etre prise au jeu.

S’aventurer avec Alan Parrish, être Sarah Whittle, puis être absorbés dans Jumanji.

 

Qu’importe la mousson, il suffira de faire un double pour gagner la partie.

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Posté par luluuuberlu à 22:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]