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Argument number one face à mon statut de maman solo. J'ai déjà deux enfants.

Et même qu'effectivement ce sont les plus beaux du monde.

J'assume d'être de celles qui voient leur progéniture comme de divines créatures aux traits parfaits.

Par conséquent qui inondent leurs réseaux sociaux de clichés des deux sujets angéliques dans toutes les situations quotidiennes possibles, imaginables et pour la plupart du temps complètement inintéressantes pour quiconque n'aurait pas pondu les deux chérubins en question.

Je ne sais pas tricoter, démonter un pneu, faire un scoubidou ou toucher mon nez avec le bout de ma langue, mais ça c'est quelque-chose dont je me vante avec la plus grande prétention du monde.

Oui, mes gosses sont magnifiques.

Il semblerait qu'à cette fin, j'ai atteint le but ultime de ma vie. J'ai enfanté, j'ai assuré la descendance.

De femme je suis donc normalement passée à la case mère, j'ai lancé les dès, je n'ai pas touché 20000 francs (pardon je suis née dans les années 80) et désormais je dois continuer la partie, riche de mes mômes sur le dos.

Just a question... Avant eux, j'étais moi, non ?

Je te remercie je l'avais presque occulté.

Une semaine sur deux je mets le tablier, je rentre dans le moule.

Puis une semaine sur deux, silence. Je me recentre alors, je fais le point, je m'identifie à nouveau et je me dis que chiotte, c'est pas drôle la solitude.
Bien sûr je m'occupe, et même plutôt bien. Je vois très souvent mes amis, mes activités pros et persos me permettent de faire de chouettes connaissances, je me sociabilise en tant qu'Etre et plus uniquement à travers mon utérus.

Seulement dès lors que j'expose mon statut de supra mummy solo, je m'expose toujours à la même réflexion, semi encourageante, semi "t'avises pas de te plaindre!":

"tu as deux beaux enfants en bonne santé".

Wait, laisse moi me taper la tête contre le mur d'en face là, hum...

Voilà c'est fait, je peux te sortir mon plus joli sourire jaune parce que..

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- J'ai deux yeux pour m'émerveiller de tout ce qui m'entoure, sans être obnubilée par les seuls progrès de mes propres petits aventuriers.

- J'ai deux gambettes pour parcourir le monde, expérimenter l'inconnu, découvrir des coutumes, des endroits, des gens, français, étrangers, différents, envoûtants, passionnants, courir à toute allure jusqu'à m'essoufler de vivre, danser jusqu'à épuisement et me réjouir d'être sur pieds et sur Terre.

- J'ai deux oreilles pour m'enrichir du vécu des autres, des opinions différentes, pour m'emplir de musique, m'enivrer d'un air, d'une parole, d'un rythme qui me transporte et se décharge dans chacun de mes membres.

- J'ai une bouche pour l'ouvrir, ne surtout pas me taire, laisser mon avis et en débattre quand il le faut, une bouche pour chanter même si cest parfois faux, la même pour sortir ma tendresse à tout ceux que j'aime inconditionnellement. Une bouche pour embrasser mes proches et effleurer celle de quelqu'un qui pourrait, rien que par son souffle sur mes lèvres, m'entraîner dans un étourdissement inexplicable.

- J'ai deux bras pour serrer fort contre moi, et m'engouffrer à mon tour au milieu de bras protecteurs.

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J'ai tout ça, et bien d'autres choses, d'autres envies et d'autres rêves, des ambitions qui débordent et de la passion à revendre.
Des envies de voyages, de rencontres, d'écriture, de paysages, d'ici, de là bas, de rôles, de folie, d'être moi à chaque minute et en chaque circonstance.

Envie de conserver ma jeunesse, mon innocence et battre au rythme de chaque pulsation, idéaliser, garder mon imaginaire, un soupçon d'insouciance, même si elle m'a déjà value quelques fêlures et désillusions.

L'aventure est plus belle lorsqu'elle est partagée.
Au bout de chaque main un enfant, mais à l'horizon toute une vie à construire.

Auprès d'eux, plus haut je m'élève.

Sans eux, je SUIS.