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Je sais qu'elle est floue cette photo. Mais je l'aime. Parce qu'elle représente celle que j'ai toujours rêvé de devenir, ce que j'ai gagné, ce que je me suis offert.

Elle représente mes 30 ans, cette autre vie que je n'osais pas toucher du doigt. Parce que je me sentais faible, ancrée à mes habitudes et à mes certitudes. Paralysée par mes craintes, par les choix que j'avais faits jusque là. 

Les jeux étaient faits, j'avais fait tapis.

Mais s'il y a une personne, une seule personne derrière l'écran qui puisse lire ce message alors même qu'elle abandonne sa partie, je souhaite simplement qu'elle puisse se raccrocher à quelques lignes, à quelques mots posés ici.

Je ne suis pas plus forte que toi. Je suis sensible, émotive et trop souvent défaitiste. Je m'agace d'un rien, je m'insulte régulièrement d'être maladroite, étourdie et désorganisée. Ma vie est un fourre-tout, mon monde est un fourre-tout. Je prends, je teste et je me vautre.

J'ai cru mourir de chagrin plus d'une fois, j'ai connu des réveils en sanglots, des jours sombres où la simple perspective d'avancer dans un brouillard opaque me semblait insurmontable. J'ai connu le manque d'appétit, une taille de guêpe reflet d'un mal-être installé. Une taille de moins, le sourire en moins.

Même joueur joue encore.

D'où m'est venue cette force enfouie, insoupçonnée, surprenante? 

J'ai entendu "Step by step", on m'a promis des lendemains à grands coups d'amitié, de danse, d'ivresse, de rires, de hurlements, de baise et de repos un peu parfois...

Tout remuer pour tout recommencer. Vivre pour revivre.

Et se reprendre. Se plaire, et finalement plaire. Réussir un peu et se donner le courage de réussir encore. 

On m'avait dit "ça ira mieux". On n'y croit jamais. On se plante encore. Mais il est là, au pas de la porte, attendant qu'on se baisse pour le ramasser.

Le bonheur.

Il est dans les conneries de tes potes, dans les bisous de ton enfant, dans les repas familiaux du dimanche, dans le soleil du mois de juin, dans l'euphorie d'un concert, dans le compliment d'une voisine, dans l'émotion d'un beau film, dans la grasse mat du week-end, dans les souvenirs de ton enfance, dans des rencontres, dans des retrouvailles, dans un câlin, dans une musique que l'on aime, dans un orgasme...

Les pieds joints, parfois je m'arrête de courir et je souffle un peu en tournant la tête. Le panorama de ma vie me plaît. Il n'est pas parfait mais il est au delà de mes espérances passées.

Cette photo, c'est une définition, une évidence sur ce qui m'arrive aujourd'hui. Je n'hésite plus à rire à gorge déployée, à oser un style ou une folie. Je ne plais pas à tout le monde. Et je m'en fous, beaucoup plus qu'avant. Et je n'ai plus honte de pleurer non plus.

C'est mon amie Marie qui a pris cette photo : la guinguette des Ponts de Cé, un après-midi à l'aube de l'été, bière à la main en toute simplicité.

Marie et moi ça fait un an. Et comme plusieurs nouvelles amitiés c'est une évidence, comme ma vie d'aujourd'hui, comme une multitude de permissions que je me donne. ça ne se commande pas, c'est une discussion, puis deux, puis la suite qui s'inscrit comme si tout était déjà écrit.

Ce qui me plait dans tout ça c'est que je ne sais pas.

Et je ne veux pas savoir, ce que demain me réserve, de quoi ma vie sera faite dans un an, deux ans, dix ans.

Parce qu'il y aura d'autres rencontres, d'autres rêves et d'autres surprises. 

Tu sais, il y a une toile juste au dessus de mon canapé.

J'y ai déposé de la peinture, des mots, des paillettes et des tranches de vie. J'y accroche des badges, des cartes et des photos.

Mes enfants de chaque côté de mes joues, le souvenir de ma soeur et moi avant un spectacle, les prémices du duo merveilleux que l'on forme avec mon ours ou sa complicité avec mes lutins.

Les places de concert d'Indochine y sont bien sagement accrochées avant d'être utilisées l'an prochain.

En attendant et puisque je suis une fan invetérée de ce groupe, une phrase au dessus de ce tableau symbolique résume ce qui était, ce qui est et ce qui restera une devise qui m'est chère:

"Vivre encore plus fort".

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(Petit conseil lecture dans la même dynamique de développement personnel:)

"Le jour où j'ai appris à vivre"

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